Fiducial Medias vous présente ses collaborateurs : Raphaël Ruffier-Fossoul, Rédacteur en Chef de Lyon Capitale, les esprits libres.
FM. Quelle est votre formation ?
RRF. J'étais en maîtrise d'histoire à Lyon 2 lorsque je suis entré comme stagiaire à Lyon Capitale...Je n'en suis jamais reparti !
FM. Comment et pourquoi êtes-vous venu au journalisme ?
RRF. Je crois que j'ai toujours été journaliste. J'avais un journal à l'école primaire...Mais je ne pense pas que me raconter moi-même aide à décrire Lyon Capitale. Ce n'est pas un journal à mon image, je n'en suis d'ailleurs pas l'un des fondateurs. J'ai simplement le privilège de travailler au service d'un journal qui a une histoire forte, une place particulière dans le paysage médiatique lyonnais, et sans doute un peu au-delà. En fait, Lyon Capitale est à l'image de sa rédaction, qui est depuis son origine extrêmement variée. C'est ce qui fait sa force, sa particularité. Lyon Capitale a toujours cherché à promouvoir des journalistes de caractère, indépendants, et différents. On y entre en faisant ses preuves, en sortant des infos, jamais parce qu'on a fit la même école que tel ou tel...Cela fait parfois des étincelles, mais on ne cherche pas à avoir une rédaction fait de clones interchangeables. Au contraire !
FM. Depuis quand travaillez-vous à Lyon Capitale et qu'est-ce qui motive chaque jour votre collaboration à ce support ?
RRF. J'ai vraiment le sentiment que travailler au service de Lyon Capitale est un privilège. Ce journal nous offre une telle liberté ! La presse locale manque souvent d'indépendance et aussi parfois d'un peu de courage. Mais Lyon Capitale s'est fait une spécialité de sortir des infos sensibles : les marchés pipés du Grand Lyon, les dérives négationnistes il y a quelques années au sein des Universités lyonnaises, l'accord inavouable passé entre Charles Millon et le FN, le recrutement du fils du maire au Sytral, les scandales des prêts toxiques, la mainmie de Vinci sur Lyon, le scandale du Tamiflu, les conflits d'intérêts, les emplois fictifs, l'accord secret sur le Grand Stade, l'affaire Neyret, l'affaire de la clinique du Parc....Cette dimension investigation est très importante pour Lyon Capitale. Mais cela ne l'empêche pas de poser un regard positif et même enthousiaste sur sa ville, d'accompagner ses mutations, d'encourager les porteurs de projets...En résumé, c'est un journal qui cherche à faire de Lyon une capitale !
Quelles sont les valeurs que vous défendez dans votre approche de la presse ?
RRF. La responsabilité, qui est le pendant de la liberté. Un journaliste, quel que soit le média dans lequel il travaille, ne doit jamais oublier que c'est à ses lecteurs qu'il rend compte. Il a un devoir à l'égard des citoyens : leur apporter la plus grande transparence possible dans tous les domaines qui concernent l'intérêt général. Comme rédacteur en chef, je m'efforce d'offrir aux journalistes le meilleur cadre possible au service de l'investigation. Ils savent que lorsqu'ils travaillent sur des sujets sensibles et qu'ils subissent des pressions à l'extérieur, ils peuvent compter sur un soutien indéfectible et déterminé de leur journal. Ils savent aussi que lorsque leurs infos sont fiables, recoupées, on les sort toujours, quels que soient les "intérêts" que ces informations pourraient déranger ! Et on les encourage même à chercher encore plus loin. C'est dans les gènes du "journal des esprits libres". Je pense que cela se ressent à la lecture, et cela crée un lien très fort avec les lecteurs.
FM. Quels conseils donneriez-vous aux jeunes gens qui se destinent au journalisme aujourd'hui ?
RRF. J'en donnerai deux : le premier, c'est d'écrire et de lire la presse. C'est en forgeant que l'on devient forgeron. Et le deuxième, c'est de ne jamais se contenter du superficiel. On peut toujours creuser encore un peu plus un sujet ! C'est d'autant plus important à l'heure du web et des réseaux sociaux : les informations circulent désormais sans avoir besoin d 'un journaliste "médiateur". Mais on aura toujours besoin de gens qui décryptent, analysent, révèlent, veillent...Je ne sais pas à quoi ressembleront les médias de demain. Mais je suis convaincu que les journalistes qui auront résisté à toutes les mutations de la presse seront des vigies indépendantes guettant les dysfonctionnements et cherchant la vérité en rétablissant les faits.
/image%2F0271147%2F201211%2Fob_bfb4ba_297697-463042643735842-1945001085-a-jpg.jpg)
/http%3A%2F%2Fwww.lyoncapitale.fr%2Fvar%2Fplain_site%2Fstorage%2Fimages%2Fmedia%2Fphotos%2Fevenements%2Fpolitique%2Fqueyranne-collomb2%2F1719797-1-fre-FR%2FQueyranne-Collomb_image-large.jpg)